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Qu’est-ce qu’un Monstercross ?

Le bikepacking n’impose pas de vélo particulier. Le meilleur vélo pour partir est d’ailleurs souvent celui que l’on possède déjà. Mais lorsque les itinéraires deviennent plus engagés, que les pistes sont cassantes et que les portions de singletrack commencent à prendre une place importante, certaines configurations deviennent particulièrement intéressantes.

C’est là que le Monstercross entre en scène. À mi-chemin entre un gravel et un VTT, le Monstercross associe généralement un cintre route à un cadre capable d’accepter des pneus beaucoup plus larges qu’un gravel traditionnel. Il peut ainsi conserver l’efficacité et les différentes positions offertes par un cintre drop-bar tout en gagnant en confort, en motricité et en contrôle sur les terrains difficiles.

Le terme n’est pas une norme technique précise. Il désigne plutôt une philosophie de vélo. Aujourd’hui, on rencontre d’ailleurs plusieurs appellations proches : Monstercross, Monster Gravel, Gravel Plus ou encore drop-bar 29er. L’idée reste la même : construire un vélo à cintre route capable d’aller beaucoup plus loin qu’un gravel classique.

Pourquoi choisir un Monstercross ?

Le Monstercross répond à une envie assez simple : avoir un vélo capable de presque tout faire sans être excellent dans un seul domaine. Avec des pneus de gros volume, une géométrie plus stable et un cintre permettant de varier les positions des mains, il peut être à l’aise sur les longues pistes de gravier, les chemins défoncés et certains sentiers où un gravel classique commence à montrer ses limites.

C’est particulièrement intéressant en bikepacking. Une fois chargé, le vélo doit composer avec le poids supplémentaire des sacoches et du matériel. Un pneu plus large et une géométrie adaptée peuvent alors apporter davantage de confort et de contrôle sur plusieurs jours. Mais il y a une contrepartie : un Monstercross équipé de pneus de 2,1 ou 2,4 pouces n’aura évidemment pas le même rendement sur l’asphalte qu’un gravel équipé de pneus de 40 ou 45 mm. Ce n’est donc pas un meilleur gravel. C’est un vélo pensé pour déplacer le curseur vers le terrain.

vélo bikepacking monstercross

Monstercross, Monster Gravel, Gravel Plus : quelle différence ?

Les appellations peuvent prêter à confusion. Le Monstercross est historiquement associé aux vélos à cintre route qui cherchent à combler le vide entre cyclocross et VTT. Le terme est utilisé depuis longtemps pour des montages parfois artisanaux, souvent construits autour d’un cadre acier et de roues 650B ou 29 pouces.

Le terme Monster Gravel est aujourd’hui davantage utilisé pour des gravel particulièrement orientés vers les gros pneus et les terrains difficiles. Certaines marques parlent également de Gravel Plus.

Quant au drop-bar 29er, il décrit plus simplement un vélo à cintre route utilisant des roues de 29 pouces avec des pneus de largeur comparable à ceux d’un VTT.

Dans la pratique, les frontières sont donc floues. Un même vélo pourrait parfaitement être décrit avec plusieurs de ces termes. Et c’est probablement très bien ainsi : le Monstercross est davantage une catégorie d’usage qu’une norme définie par une liste précise de composants.

Quel cadre pour un Monstercross ?

Le premier critère est évidemment le dégagement disponible pour les pneus. Mais je déconseille de choisir un cadre uniquement en regardant la largeur maximale annoncée. Deux vélos acceptant un pneu de 2,2 pouces peuvent avoir des comportements très différents. Pour une utilisation réellement orientée bikepacking et tout-terrain, je regarderais notamment :

  • la largeur maximale des pneus ;
  • la géométrie du cadre ;
  • l’empattement ;
  • l’angle de direction ;
  • la hauteur du boîtier de pédalier ;
  • la longueur des bases ;
  • les possibilités de montage de sacoches et de porte-bagages ;
  • la compatibilité avec une tige de selle télescopique ;
  • et, si nécessaire, la compatibilité avec une fourche suspendue.

Un Monstercross moderne peut ainsi être beaucoup plus proche d’un VTT semi-rigide que d’un gravel de course. C’est notamment le cas du Nordest Kutxo 2, présenté par la marque comme un Monster Gravel / 29er à cintre route. Il accepte des pneus jusqu’à 29 × 2,4″, peut recevoir une fourche rigide ou une suspension de 100 à 120 mm et dispose de nombreux points de fixation pour le voyage. À l’autre extrémité, certains vélos restent beaucoup plus proches du gravel tout en offrant un dégagement important.

L’acier est-il obligatoire ?

Non. L’acier est historiquement très présent dans les montages Monstercross, notamment parce que cette catégorie s’est beaucoup développée autour de cadres assemblés sur mesure ou par de petites marques.

Mais il n’y a aucune raison technique d’en faire une obligation. On trouve aujourd’hui des cadres Monstercross ou Monster Gravel en acier, aluminium, titane et carbone. Le matériau compte moins que la géométrie, la rigidité adaptée au chargement, le dégagement des pneus et les possibilités de montage.

650B ou 700C / 29 pouces ?

C’est l’une des grandes questions lorsqu’on construit un Monstercross.

Le 650B, également appelé 27,5 pouces, permet dans certains cadres de monter un pneu large tout en conservant un diamètre extérieur raisonnable. C’est historiquement l’une des configurations emblématiques du Monstercross.

Un 650B × 47 mm possède par exemple un diamètre extérieur proche d’un 700C × 28 mm. Cela permet de conserver une roue relativement compacte tout en augmentant considérablement le volume d’air du pneu. Le 650B peut être particulièrement intéressant pour les petites tailles de cadre, mais aussi pour les cyclistes qui recherchent un vélo très maniable sur les terrains techniques.

Le 700C / 29 pouces, lui, permet d’utiliser des pneus de gros volume avec un diamètre plus important. Les grandes roues ont notamment l’avantage de mieux franchir les irrégularités et de conserver plus facilement leur vitesse sur les terrains roulants. Mais il faut oublier l’idée selon laquelle le 650B serait systématiquement la solution pour monter des pneus plus larges.

Tout dépend du cadre. Certains cadres gagnent beaucoup en largeur de pneu en passant du 700C au 650B, tandis que d’autres n’y gagnent quasiment rien. Il faut donc vérifier les spécifications du fabricant avant d’acheter un second jeu de roues.

Il n’y a donc pas de meilleur format dans l’absolu. Le bon choix dépend du cadre, de votre taille, du terrain et des pneus que vous souhaitez utiliser.

roues gravel 650b monstercross
650B
  • diamètre plus compact ;
  • intéressant pour les petites tailles ;
  • gros volume de pneu ;
  • comportement très maniable.
roues gravel 700c
700C
  • franchissement des obstacles ;
  • possibilités de pneus VTT ;
  • pour les longues distances ;
  • montages modernes.

Quels pneus pour un Monstercross ?

C’est probablement ici que le Monstercross prend tout son sens. Un gravel classique tourne souvent autour de pneus de 40 à 50 mm. Un Monstercross peut aller beaucoup plus loin, avec des pneus de 2 pouces, 2,1 pouces, 2,25 pouces ou davantage.

Certains modèles modernes acceptent même des pneus de 29 × 2,4″. Le Curve Big Kev V2, par exemple, est conçu autour du format 29 pouces et accepte officiellement jusqu’à 29 × 2,4″ sur toutes les tailles.

Mais plus large ne veut pas automatiquement dire mieux. Un pneu de 2,4 pouces apporte du volume, du confort et de l’adhérence, mais il augmente également la masse et peut réduire le rendement sur route. Pour un voyage principalement constitué de pistes roulantes, un pneu de 2 pouces rapide peut donc être plus cohérent qu’un pneu de 2,4 pouces très cramponné. Comme toujours, je choisirais le pneu en fonction du terrain plutôt qu’en fonction de la largeur maximale que le cadre accepte.

Monstercross ou gravel classique ?

C’est probablement la question la plus importante. Si vos itinéraires sont composés principalement de route, de pistes roulantes et de chemins blancs, un gravel classique sera généralement plus léger et plus rapide.

Si vous commencez à emprunter régulièrement des chemins très dégradés, des pistes caillouteuses et des sentiers où un pneu de 45 mm atteint ses limites, le Monstercross devient beaucoup plus intéressant.

Le gain ne vient d’ailleurs pas uniquement du pneu. Une géométrie plus stable, un poste de pilotage adapté et davantage de dégagement permettent de construire un vélo beaucoup plus orienté terrain. Et si votre terrain devient réellement technique, il faut aussi se demander si un VTT ne serait finalement pas plus pertinent.

Monstercross ou VTT ?

Le cintre route ne transforme pas un VTT en gravel. Un Monstercross conserve certains avantages du drop-bar : plusieurs positions des mains, une bonne efficacité sur les longues distances et une position qui peut être très agréable lorsqu’on passe plusieurs heures sur le vélo.

Mais un VTT reste généralement supérieur lorsque les sentiers deviennent très techniques. assages lents, racines, marches, descentes engagées ou terrains nécessitant beaucoup de débattement et de contrôle.

Le Monstercross est donc particulièrement intéressant dans cette zone intermédiaire : trop engagé pour un gravel classique, mais pas suffisamment technique pour nécessiter un VTT. C’est précisément cette zone grise qui fait son intérêt.

Exemples de vélos Monstercross

Les fabricants utilisent aujourd’hui plusieurs appellations pour ces vélos. Il est donc plus pertinent de chercher des caractéristiques que de chercher uniquement le mot « Monstercross ».

Le Genesis Vagabond reste par exemple une référence intéressante dans cette catégorie. La génération actuelle est annoncée avec un dégagement allant jusqu’à 29 × 2,35″ et conserve une philosophie très orientée aventure.

Le Nordest Kutxo 2 va encore plus loin avec ses capacités de 29 × 2,4″, sa géométrie proche du VTT et sa compatibilité avec une fourche suspendue.

Le Curve Big Kev V2 représente une interprétation encore plus moderne du concept : cadre titane, roues de 29 pouces, dégagement de 2,4″ et possibilité d’aller jusqu’à 2,6″ dans certaines tailles avec un dégagement réduit pour la boue.

Le Salsa Cutthroat appartient également à cette famille de vélos à cintre route très orientés longue distance et terrain accidenté. La version actuelle accepte officiellement des pneus jusqu’à 29 × 2,4″.

Monstercross 650B

Monster Gravel Kona Rove

Kona Rove

  • Cadre: acier
  • Microshift Sword, 1x10v
  • Roues: WTB ST i23
  • Pneus: Maxxis Rambler, 650×47
  • Freins: Tektro MD-C550
Monster Gravel Bombtrack Hook 2025

Bombtrack Hook

  • Cadre: acier
  • SRAM Apex Eagle, 1x12v
  • Roues: Seido Sinus I25
  • Pneus: Wtb Ranger  27,5×2,0
  • Freins: SRAM Apex Flat Mount

Monstercross drop-bar 29er

velo gravel bikepacking Cinelli Hobootleg

Cinelli Hobootleg Geo

  • Cadre: Acier
  • Shimano CUES, 1x11v
  • WTB ST i20 TCS 2.0
  • WTB Ranger, 29 x 2,25″
  • Shimano BR-RS405, Hydr.
vélo gravel Kona Sutra LTD

Kona Sutra LTD

  • Cadre: Acier
  • Sram Rival 1, 1x11v
  • SRAM Rival 1, Hydr. Disc
  • Maxxis Rekon, 29 x 2.25″
  • WTB KOM I27 TCS 2.0

Peut-on construire soi-même un Monstercross ?

Oui, et c’est même une des particularités historiques de cette catégorie. Le Monstercross se prête particulièrement bien au montage à la carte. On peut partir d’un cadre prévu pour de gros pneus et choisir ensuite les roues, la transmission, le cintre, les pneus et les équipements en fonction de son utilisation. Cela permet notamment de construire un vélo très personnel.

Mais il faut être attentif à la compatibilité des composants. Monter un cintre route sur un cadre de VTT ne suffit pas à obtenir un bon Monstercross. La position, les longueurs de câbles et durites, les standards de freinage, la transmission, la hauteur de fourche et la géométrie doivent fonctionner ensemble. C’est aussi pour cette raison que je préfère aujourd’hui parler d’une philosophie de montage plutôt que d’une catégorie technique parfaitement définie.

Le Monstercross est-il un bon vélo pour le bikepacking ?

Oui, si votre bikepacking vous emmène régulièrement sur des terrains difficiles. Avec ses gros pneus et sa stabilité, un Monstercross peut être particulièrement agréable lorsqu’on transporte plusieurs jours de matériel et que les pistes deviennent cassantes. Il permet aussi de conserver un cintre route, ce qui peut être un vrai avantage lorsque les journées sont longues.

Mais je ne conseillerais pas à quelqu’un qui débute dans le bikepacking d’acheter directement un Monstercross simplement parce que le concept paraît polyvalent. Si vous roulez principalement sur route et gravel roulant, un gravel classique sera probablement plus agréable au quotidien.

Et si vous faites essentiellement du sentier technique, un VTT sera probablement plus logique. Le Monstercross prend tout son sens lorsqu’on se situe entre les deux. C’est d’ailleurs la logique que je retiens pour choisir un vélo de bikepacking : avant de regarder les catégories, il faut regarder le terrain, la distance, le chargement et la manière dont on aime rouler.

À lire également…

Si vous hésitez encore entre plusieurs catégories de vélos, j’ai détaillé les critères à prendre en compte dans mon guide: Quel vélo pour le bikepacking ?.

Vous pouvez également consulter mes articles consacrés aux pneus, à la transmission, au montage mullet et aux différents équipements nécessaires pour voyager à vélo.

hugo bikepacker.fr

Écrit par Hugo

Passionné par la Nature, le vélo, internet et la photographie. Je me suis logiquement, depuis quelques temps initié au Bikepacking. J’ai créer ce blog, pour vous partager mes recherches, mes astuces et mes passions.
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