Chaque année, BIKEPACKING.com publie ses Awards, devenus au fil du temps une référence incontournable pour la communauté bikepacking internationale. Loin des classements sensationnalistes, ces sélections mettent en avant des itinéraires qui racontent une histoire, respectent les territoires traversés et proposent une vraie expérience de voyage à vélo.
En 2025, la catégorie “Best New Routes – 9+ jours” s’impose comme l’une des plus inspirantes. Elle rassemble des itinéraires conçus pour durer, pour s’extraire du quotidien et pour renouer avec l’essence même du bikepacking : l’autonomie, la lenteur et l’immersion. Ces routes ne se parcourent pas à la légère. Elles demandent du temps, de la préparation et une certaine humilité.
Du Kirghizistan à la Bolivie, de la Sardaigne au Brésil, cette sélection dessine une cartographie du bikepacking moderne. Une pratique toujours plus engagée, mais aussi plus consciente. L’aventure ne se compte plus seulement en kilomètres, mais en émotions..
Sommaire
Pourquoi les BIKEPACKING.com Awards font autorité ?
Si les Awards de BIKEPACKING.com sont autant suivis, c’est parce qu’ils reposent sur une approche éditoriale rigoureuse. Les itinéraires sélectionnés ne sont pas seulement spectaculaires. Ils sont documentés, testés, et pensés pour être parcourus dans de bonnes conditions, sans compromettre l’environnement ou les communautés locales.
La catégorie “Best New Routes” met en lumière des tracés récents, avec une attention particulière portée à la cohérence du parcours, à la variété des terrains et à l’expérience globale du bikepacker. Le critère “9+ jours” ajoute une dimension supplémentaire : celle du voyage au long cours. Ici, il ne s’agit plus d’une simple parenthèse, mais d’un engagement total, physique et mental.

Celestial Divide : le bikepacking à l’état brut, au Kirghizistan
Le Celestial Divide est sans doute l’itinéraire le plus exigeant de cette sélection 2025. Traversant les montagnes célestes du Kirghizistan, il plonge le voyageur dans un environnement immense, austère et profondément sauvage. Sur le terrain, la difficulté est constante. La distance dépasse largement les 1 000 kilomètres, avec un dénivelé positif accumulé jour après jour. Les cols se succèdent, souvent à plus de 3 000 mètres, et l’altitude devient rapidement un facteur déterminant. Ici, l’air se fait mince. L’acclimatation n’est pas une option, mais une nécessité.
Le terrain est majoritairement composé de pistes en terre, de chemins pastoraux et de routes dégradées. Après la pluie, certaines sections peuvent devenir très techniques. L’isolement est réel, et il n’est pas rare de rouler une journée entière sans croiser de village. L’eau est généralement accessible via les rivières de montagne, mais elle doit être filtrée avec soin. Le Celestial Divide impose un vélo robuste, capable d’encaisser les pistes cassantes et les longues journées chargées. Des pneus larges, une transmission très courte et une capacité d’emport généreuse sont indispensables. Ce n’est pas une route rapide, ni indulgente. Mais pour les bikepackers expérimentés en quête d’aventure pure, elle représente une forme d’aboutissement.
Données clés de l’itinéraire
1 067 km · ~20 jours · 70 % pistes · D+ 20 236 m · Alt. max 3 786 m · Difficulté : 7/10
Conseils pratiques
La meilleure période pour parcourir le Celestial Divide s’étend généralement de la mi-juin à la mi-septembre. Avant cette fenêtre, de nombreux cols restent enneigés et certaines pistes deviennent impraticables. En fin de saison, les premières chutes de neige peuvent arriver brutalement, surtout au-dessus de 3 000 mètres.
Côté ravitaillement, il faut prévoir une vraie autonomie : les villages sont espacés, parfois réduits à quelques maisons, mais on y trouve presque toujours de l’eau, issue de rivières ou de sources, à condition de la filtrer systématiquement. La nourriture se fait plus rare, avec quelques épiceries très basiques ; anticiper plusieurs jours de provisions est indispensable.
Pour dormir, le bivouac est la norme et généralement bien toléré, à condition de rester discret et respectueux des lieux. Les options en dur existent ponctuellement sous forme de yourtes ou de petites guesthouses. Concernant les formalités, les ressortissants européens bénéficient d’une exemption de visa pour des séjours touristiques, ce qui simplifie grandement l’organisation.
Matériel – Celestial Divide
Un VTT fiable, pneus 2.3 à 2.6 pouces, transmission à large plage, filtre à eau efficace, sacoches capables de transporter plusieurs jours d’autonomie. Le confort et la fiabilité priment sur la légèreté.
Gourde Filtrante pliable
Filtration: membrane fibres creuses et charbon actif
Capacité de filtrage: jusqu’à 1000 litres
Matériel: silicone qualité médicale, sans BPA
Capacité: 1 litre
TranSardinia : une Italie sauvage, loin des clichés
À l’inverse, la TranSardinia propose une aventure plus accessible, mais tout aussi riche. Elle traverse le cœur montagneux de la Sardaigne, loin des plages et des foules, révélant une île brute, minérale et profondément authentique. Le dénivelé est bien présent, avec des montées courtes mais souvent raides. On passe sans cesse de pistes roulantes à des sentiers techniques, puis à des chemins rocheux. Cette variété impose un pilotage attentif, surtout lorsque le vélo est chargé. Pourtant, la TranSardinia reste lisible, cohérente, et rarement punitive.
L’un de ses grands atouts réside dans la logistique. Les villages sont fréquents, l’eau relativement facile à trouver, et les ravitaillements réguliers. Cela permet de voyager plus léger et de se concentrer sur l’expérience plutôt que sur la survie.
La TranSardinia est une route idéale pour celles et ceux qui veulent découvrir le bikepacking longue distance sans s’engager dans des conditions extrêmes. Elle prouve qu’il est possible de vivre une aventure intense, sans forcément aller à l’autre bout du monde.
Données clés de l’itinéraire
446 km · ~9 jours · 53 % pistes · D+ 10 443 m · Alt. max 1 305 m · Difficulté : 7/10
Conseils pratiques
La TranSardinia peut se parcourir une grande partie de l’année, mais les meilleures conditions se trouvent au printemps et à l’automne. Au cœur de l’été, la chaleur devient vite éprouvante, surtout dans les zones intérieures peu ombragées, tandis que l’hiver peut rendre certaines sections boueuses et plus techniques.
Le ravitaillement ne pose en général pas de problème majeur : villages, bars et petites supérettes ponctuent régulièrement l’itinéraire, même si certaines étapes nécessitent un minimum d’anticipation, notamment le dimanche. L’eau est facilement accessible dans les villages et via des fontaines publiques.
Pour dormir, l’Italie offre une grande diversité d’options, entre bivouac discret, agriturismi, petits hôtels et chambres chez l’habitant, ce qui rend l’itinéraire assez flexible selon le niveau de confort recherché. Aucun visa n’est nécessaire pour les voyageurs européens, ce qui en fait une aventure particulièrement simple à organiser.
Matériel – TranSardinia
VTT semi-rigide ou tout-suspendu léger, pneus polyvalents autour de 2.2–2.4 pouces, équipement de bivouac minimaliste. Un setup équilibré, pensé pour le plaisir et la polyvalence.

Mata Atlântica : 2 500 km au cœur d’un biome exceptionnel
Avec plus de 2 500 kilomètres, la Mata Atlântica Bike Route est une véritable traversée continentale. Elle suit le fil de la forêt atlantique brésilienne, l’un des biomes les plus riches (et les plus menacés) de la planète. Ici, la difficulté ne réside pas uniquement dans la distance. La chaleur, l’humidité et le relief constant imposent une gestion fine de l’effort. Les pistes forestières peuvent être glissantes, envahies par la végétation, et parfois imprévisibles selon la saison.
Côté logistique, c’est globalement plus simple que sur les itinéraires andins ou asiatiques, grâce à la présence régulière de villages et de commerces. Mais certaines sections, notamment dans les parcs naturels, demandent une bonne anticipation. Cet itinéraire s’adresse aux voyageurs au long cours, prêts à accepter l’inconfort et l’adaptation permanente. C’est une route qui transforme, qui oblige à ralentir et à écouter le terrain autant que son corps.
Données clés de l’itinéraire
2 564 km · ~50 jours · 81 % pistes · D+ 51 781 m · Alt. max 1 739 m · Difficulté : 5-9/10
Conseils pratiques
La Mata Atlântica Bike Route se parcourt idéalement durant la saison sèche, généralement entre mai et septembre, afin d’éviter les pluies tropicales qui peuvent transformer certaines pistes en véritables bourbiers. Même durant cette période, l’humidité reste omniprésente et impose une vigilance constante sur le matériel.
Le ravitaillement est relativement facile comparé à d’autres itinéraires de cette sélection : les villes et villages sont nombreux, et la nourriture accessible, bien que parfois monotone sur la durée. L’eau est abondante, mais doit être traitée systématiquement.
Pour l’hébergement, l’itinéraire traverse des zones habitées, offrant régulièrement des pousadas, des campings ou des solutions chez l’habitant, ce qui permet de limiter le bivouac si besoin. En revanche, les voyageurs européens doivent généralement demander un visa ou une autorisation préalable selon leur nationalité, un point à vérifier impérativement avant le départ.
Matériel – Mata Atlântica
VTT ou montage très robuste, pneus accrocheurs pour terrain humide, transmission fiable, système d’hydratation conséquent. La durabilité et la résistance à l’humidité sont clés.

Lagunas y Salares : l’Altiplano bolivien dans toute sa démesure
La Lagunas y Salares est une route mythique, et sa présence dans la sélection 2025 ne surprend pas. Elle traverse l’Altiplano bolivien, un environnement extrême où l’altitude dépasse régulièrement les 4 000 mètres. Le terrain est rude : pistes sableuses, zones volcaniques, salars immenses. Le vent est omniprésent, parfois violent, et la gestion de l’eau devient un enjeu central. Parfois, il n’y aura que le bruit du vent et de tes roues dans le sel ! Certaines sections imposent de transporter plusieurs litres pour plus d’une journée.
Les ravitaillements sont rares et limités. Ici, l’erreur de planification se paye cher. Le matériel doit être irréprochable, et l’expérience du voyageur joue un rôle crucial. La Lagunas y Salares est une aventure d’engagement total. Elle ne s’adresse pas à tous, mais pour ceux qui la parcourent, elle marque souvent un avant et un après.
Données clés de l’itinéraire
734 km · ~15 jours · 89 % pistes · D+ 6 074 m · Alt. max 4 915 m · Difficulté : 6/10
Conseils pratiques
Le Lagunas y Salares se parcourt essentiellement durant l’hiver austral, entre mai et septembre, lorsque les conditions sont les plus sèches et les pistes plus praticables. En dehors de cette période, certaines zones deviennent imprévisibles, voire impraticables, notamment à cause des pluies et des sols salins détrempés.
Le ravitaillement constitue l’un des principaux défis de l’itinéraire. En effet, l’eau est extrêmement rare et doit être transportée en grande quantité, tandis que la nourriture se limite à quelques villages isolés, parfois espacés de plusieurs jours.
Dormir se fait majoritairement en bivouac, dans des conditions souvent rudes, avec des nuits très froides et du vent fréquent ; quelques refuges rudimentaires existent, mais ne doivent pas être considérés comme garantis. L’altitude élevée impose une acclimatation progressive et une bonne gestion de l’effort. Pour les formalités, les conditions de visa varient selon les nationalités, mais restent généralement simples pour les séjours touristiques de courte durée.
Matériel – Lagunas y Salares
VTT indispensable, pneus larges tubeless, braquets très courts, équipement grand froid pour les nuits, capacité d’emport élevée pour l’eau. La fiabilité est non négociable.

MSR Hubba Hubba
La tente pour bivouac ultra légère MSR Hubba est une tente double paroi pour une utilisation sur trois saisons. Elle se distingue notamment par son volume intérieur.

Big Agnes Fly Creek
Le sac de couchage Fly Creek UL 25 est garni de duvet 850 Downtek déperlant, traité sans PFAS et certifié Bluesign, un bon point pour l’environnement comme pour la performance.

Thermarest Xlite
Le matelas Thermarest Neoair Xlite est léger (473 g), compact et confortable (7,6 cm d’épaisseur). Il offre un bon soutien grâce, et est facile à gonfler et dégonfler avec la valve WingLockTM.
Quel itinéraire pour quel profil de bikepacker ?
Ces quatre routes ne racontent pas la même histoire, et c’est précisément ce qui fait la richesse de cette sélection 2025. Le Celestial Divide et la Lagunas y Salares s’adressent clairement à des bikepackers expérimentés, habitués à l’autonomie totale, à l’altitude et à l’isolement. Ce sont des itinéraires où l’erreur se paye, mais où la récompense est immense.
La TranSardinia offre une porte d’entrée idéale vers le bikepacking longue distance. Elle convient parfaitement à des pratiquants intermédiaires, désireux de gagner en autonomie sans affronter des conditions extrêmes.
La Mata Atlântica Bike Route, quant à elle, s’adresse aux voyageurs au long cours, prêts à composer avec la durée, le climat et l’adaptation permanente. Plus qu’un défi physique, c’est une aventure humaine et culturelle. Choisir l’un de ces itinéraires, c’est avant tout se choisir soi-même. Être honnête avec son expérience, ses envies et ses limites reste la clé d’un voyage réussi.

Restrap
- Étanche
- Poids: 260 g
- Volume : 7 L

Revelate Designs
- Étanche
- Poids: 439 g
- Volume : 11 L
Quatre routes, une même philosophie
La sélection 2025 des Best New Routes – 9+ jours de BIKEPACKING.com illustre parfaitement l’évolution du bikepacking. Une pratique plus engagée, plus consciente, et profondément tournée vers l’expérience plutôt que la performance. Ces itinéraires ne sont pas de simples lignes sur une carte. Ils obligent à ralentir, à s’immerger, et à revoir sa manière de voyager. Et parfois, il suffit de les lire pour déjà commencer à partir.




